la démo démodée

La démo, démodée ?

Qui n’a, dans sa vie, jamais joué à la démo d’un jeu ? Que ce soit en boutique sur des bornes d’essais, chez soi grâce aux bons vieux CD et DVD de nos antiques magazines ou plus récemment, via les plateformes de téléchargements , nous nous y sommes tous essayé au moins une fois. Autrefois appréciées et constituant parfois le seul moyen de découvrir un jeu avant d’en envisager son achat, la démo ne serait-elle pas démodée ?

 

L’Age d’Or de la démo :

Je ne vous apprend certes rien, mais avant la démocratisation d’internet, l’essentielle de l’information vidéoludique passait par la presse papier. Previews, actualités, nouveautés et tests, les magazines, c’étaient LE vivier d’informations du joueur, son seul véritable guide d’achat. Mais ne nous mentons pas plus longtemps, bien souvent, le joueur lambda n’achetait pas un magazine pour sa ligne éditoriale mais pour une chose, le précieux, le DVD (ou CD) de démos ! Heureux alors était l’enfant, petit ou grand, de pouvoir essayer, pour une poignée de francs, ces quelques jeux auxquels il n’eut jamais pensé pouvoir jouer auparavant. Au delà de cet aspect, s’essayer à ces démos, c’était aussi le moyen d’éviter d’acheter de sacrés bouses, à défaut de découvrir une perle rare de temps en temps. Bref, vous l’aurez compris, à une époque pas si lointaine, une bonne démo pouvait être décisive dans l’intention d’achat. Cependant, les choses n’allait pas tarder à changer…

 

Internet, une révolution :

La presse, c’est bien. Très bien. Seulement, c’est long. Très long. En effet, entre le moment où l’information est communiquée aux rédacteur et celui où son article est publié, il s’en passe du temps. Or, avec internet et les sites d’actualités spécialisés, l’information est instantanée. Ainsi, la presse prit un sacré coup et nombre de magazines, pourtant populaires, s’arrêtérent. Et les démos dans tout ça ? Comment se les procurer ? La réponse est simple : internet. Ainsi, obtenir une démo n’a jamais été aussi facile. Il suffit de la télécharger, l’installer et le tour est joué ! Seulement, il y a un hic. La communication autour des jeux a changé, ce n’est plus tant le gameplay qui fait vendre mais l’univers, l’histoire. Les éditeurs l’ont bien compris et proposer une démo pour promouvoir leurs jeux n’est alors plus à l’ordre du jour.

 

Regarder n’est pas jouer :

« Beau le jeu, il est beau ! », « Regardez tout ce que vous pouvez y faire ! », « Notre jeu est trop cool ! »,… Voilà à quoi se résume la communication vidéoludique d’aujourd’hui. Une vente à la criée numérique dont les vainqueurs ne sont autres que les plus gros éditeurs, les seuls capable d’assurer une omniprésence médiatique. Télévision, cinéma, journaux et bien sûr, internet, tous les moyens sont bons pour faire parler de son jeu, y compris le phénomène émergent des vidéomakers. Couramment appelés « Youtuber » à cause de la plateforme sur laquelle ils évoluent, les vidéomakers ont bouleversé la communication autour des jeux vidéo. Pour certains, plus besoin de s’embêter à lire des tests ou essayer les jeux. Il suffit de regarder la vidéo de son « Youtuber » préféré pour non seulement avoir un avis, voir du gameplay et découvrir l’histoire du jeu. Cependant, ne nous leurrons pas, rien ne remplaçera jamais l’expérience, manette en main, pour juger de la qualité d’un titre. Surtout ceux orientés multijoueur, ces derniers étant bien souvent dépourvu d’histoire.

 

« Quoi ? Démo évolue ! » :

On les appelles « Bétâ » ou « Alpha ». Souvent ouvertes à tous, ces « phases » de développement servent bien souvent aux développeurs à faire tester leurs jeux aux joueurs et ainsi récolter un maximum de retours afin de corriger de nombreux bugs. Prenant parfois des allures de « stress-tests » grandeur nature pour notamment mesurer la capacité des serveurs, ces phases sont aussi une occasion pour le joueur de s’essayer au jeu, de le découvrir et même se forger un premier avis. Découvrir un jeu, l’essayer et se faire un avis, ça ne vous rappelle rien ? Et oui, le spectre de la démo n’est jamais loin et assimiler le terme « démo multijoueur » aux termes « Alpha et « Bétâ » serait au final plutôt justifié.

 

La démo, démodée mais pas enterrée :

Ainsi, l’âge d’Or de la démo semble en parti révolu. Particulièrement sous représentée par les éditeurs les plus influents (a-t-on déjà vu une quelconque démo d’un blockbuster récemment ?), les démos subsistes principalement grâce à la scène indépendante ou se matérialise souvent à travers les « Alpha » ou « Bétâ » de jeux multijoueurs. Un jour peut-être reviendra-t-elle sur le devant de la scène…

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